BIO | DEMARCHE ARTISTIQUE

Photo credit | Andréa de Keijzer

BIO | Depuis ma graduation du baccalauréat en interprétation de la danse contemporaine de l’UQAM en 2009, j’ai travaillé comme interprète pour entre autres Hélène Langevin (Bouge de là), Mélanie Demers, Aurélie Pedron, Georges-Nicolas Tremblay, Joannie Douville, Geneviève C. Ferron, Andréa de Keijzer, Marie-Ève Farmer, Sarah-Ève Grant, Système Kangourou, les Imprudanses et Andrée Martin dans son projet de recherche-création l’Abécédaire du corps dansant. J’ai avec ces créateurs multiplié les représentations à Montréal, Toronto, en France, en Belgique et au Brésil. Parallèlement à cela, j’ai développé depuis 2009 deux créations en collectif avec En Cohorte : Tabula Rasa (2010) et Chroniques d’une saison (2011), ainsi que quatre créations en solo, MA Rosa (2012), La marche nuptiale (2013), Le Cerf, ou moi qui cède à l’espace (2013) et Le Nil, ou toi qui traces les frontières (2015). Ces pièces, en plus d’être présentées à Montréal, ont voyagé en Colombie, au Chili, en Bolivie, en France et en Italie. Grâce à une bourse de recherche et de création du CALQ, j’ai pu mener à terme le projet initial de faire un court film avec Le Cerf, ou moi qui cède à l’espace, et définir mon intérêt certain de traiter la création à partir du vécu autobiographique subjectivé. Cette question quant à ce qui favorise l’empathie et l’identification du spectateur m’a amené à poursuivre une maîtrise en danse à l’UQAM (2009-2014) où j’ai réalisé une recherche-création en CHSLD, ainsi qu’à développer mon intérêt d’emporter la création et de la proposer dans des contextes non-artistiques. À cet effet, j’ai pu danser dans un hôpital du CHUM en 2013, dans différentes salles d’attente et de soin. Cette expérience a concrétisé mon intuition quant à la pertinence de déterritorialiser la performance de son lieu sacré.

Je développe aussi un intérêt certain dans ma pratique pour le texte, la voix et la performance, d’où mon apprentissage du chant, de la musique et plus spécifiquement du piano. En collaboration avec Joannie Douville qui me fait parler et chanter dans ses deux créations ainsi qu’avec Gabriel Vignola, musicien, cela a porté fruit grâce au travail interdisciplinaire au coeur de Je suis Julio. Sans oublier la compagnie Système Kangourou qui m’a amené à performer avec la voix et le texte dans son oeuvre Mobycool ainsi que dans ses performances ponctuelles dont Habiter l’hiver ?.

J’ai aussi travaillé en gestion de projet, aux communications et en développement de public pour Danse-Cité (2010), Les Imprudanses (2010), La 2e Porte à Gauche (2011), et le Regroupement Québécois de la Danse (2012).

MANDAT | Je suis à la recherche de l’art sensé et senti, et je ne le trouve pas toujours dans la danse, ni dans le spectacle. Je m’intéresse à ce que porte le corps de mémoire, d’état, d’images et de symboles, dans une hybridation des médiums. Qu’est-ce qui demeure partageable, si nous sommes issus d’un métissage, d’une construction si complexe et gorgée d’autant de détails ? Ce que nous possédons tous, indépendamment de notre vécu, c’est notre corps, d’où une certaine passion pour les zones de vécu comme zones territoriales, pour mettre le corps en perspective, en image, en symbole, en relation, nous repositionnant presque toujours dans notre propre rapport au monde.

Dans mes expériences de spectatrice, en danse ou non, j’ai remarqué que les plus mémorables sont celles qui traitent de l’intimité, du vécu de l’artiste. La distance qu’offre l’oeuvre d’art me permet, comme spectatrice, de vivre ma propre émotion reliée à une expérience cousine, ou m’offre une nouvelle perspective sur elle. Raison pour laquelle je m’intéresse à l’expérience de l’interprète, à l’authenticité et à l’honnêteté de ce qui émerge de ses sensations et intuitions dans l’action. À partir d’un intérêt particulier pour le paysage et la dualité, le rapport à l’idéal et à la frontière, je propose de parler de soi pour faire émerger la sensation de corps vivant chez l’autre par empathie, intersubjectivité ou co-présence, dans un besoin de comprendre et de mettre de l’avant ce que ma pratique a à offrir à l’autre. J’ai l’ambition de sortir la danse et la performance de son contexte artistique pour le transposer, le transporter, le trimballer dans le contexte ordinaire de la vie quotidienne, avec les gens ordinaires de la vie quotidienne, soit vous et moi. Non seulement pour proposer ce que la création a à offrir de rencontres et de relations, mais aussi pour mettre en lumière les contradictions qui nous animent, et peut-être désacraliser certains sédiments d’idées.

J’aborde souvent le travail à partir d’images ou d’actions étant directement liées au vécu individuel, parfois moi, parfois l’autre. J’aborde l’intimité comme construite en carte géographique et constituée de multiples frontières. On arrive à identifier à partir de la limite, à partir de ce qui n’est pas. Le contraste, si prenant et efficace, utilise cette tension créée par deux pôles pour produire une sensation. Une multitude de frontières se tracent à mesure que l’identité se définit, formant ainsi une carte géographique de plus en plus grande formée de territoires divers, parfois flous, clairs, obscurs, froids, chauds, grands, petits, électriques, naturels, géométriques, difformes, etc… Elle se reconnaît chez moi à partir de la mémoire des lieux et des paysages connus.